Biographie - Paul GONEZ

Biographie

Né à quelques encablures de l’océan, en Loire atlantique, en 1946, Paul Gonez emprunte à Neptune non seulement sa barbe mais aussi une forme de puissance démiurgique.
C’est moins les tempêtes qu’il brave que le ressac de la vie tumultueuse de la matière et des êtres qu’il transforme et transfigure dans son œuvre.
Étudiant à l’école des Beaux arts de Besançon, de 1962 à 1965, il s’efforcera d’embrasser la totalité du réel dès ses premières sculptures en 1966.
A la fois artisan puissant et artiste délicat, il alliera très vite à ce réel l’imaginaire et le symbolique donnant ainsi forme et corps à une matière vivante, à la fois héritière de mondes révolus, matrice des mondes actuels mais aussi en gestation des mondes à venir.
C’est ainsi qu’il se consacrera d’abord à la sculpture animalière jusqu’en 1978, osant jusqu’aux formes les plus fantasmagoriques dans un bestiaire où la précision le dispute, en permanence, à la projection de figures archaïques et parfois même hallucinées…

Ainsi de cet aigle déposé, en 1974, sur la place Saint-Pierre, à Besançon, tout à la fois envolé des forêts franc-comtoises, si proches et qui ont tant inspiré Courbet, et surgi, dans une éclosion première, de ses mains.
Il faudra attendre 1979 pour que le naturaliste approche le travail du bronze, d’abord par des créations chimériques où d’étranges mutations s’autoféconderont à la fois animales, végétales et minérales.
C’est arrivé là de son parcours, parcours fait autant de vagabondages que de résidences d’artiste, qu’il passera, en 1985, presque naturellement à une autre dimension de son œuvre, la dépouillant à l’extrême de ses singularités pour tenter d’atteindre l’universel, l’essence même de la matière.
Les sculptures abstraites, se référant le plus souvent aux grandes représentations symboliques, jailliront alors de son atelier où, mi-homme, mi-Vulcain, Paul Gonez insufflera à la matière un esprit vibrant, celui de son histoire, de ses métamorphoses successives, d’où la période africaine qui fut la sienne après un séjour, en 1991, au Zaïre.
Persévérant dans sa quête de l’essentiel, entre figures minérales, animales, humaines ou cosmiques, Paul Gonez s’engagera, en particulier à partir de 2003, dans des sculptures aussi insolites que mystérieuses, telle ses panoptiques, ses représentations de l’espace-temps, ses effigies ethniques et guerrières, toutes compositions qui ne peuvent que provoquer émerveillements et questionnements sur notre présence au monde, voire sur notre destinée, dans le grand chaos mais aussi le somptueux ordonnancement de l’univers.

« Paul Gonez, écrira le poète Marco Spera, nous invite à partager dans ses nouvelles œuvres, sa vision singulière d’un monde où métissages, convergences, alliances et synergies constituent les fondements mêmes d’un possible avenir commun et d’une esthétique de l’être à perpétuellement à réinventer ».

Pour les « Amis de Paul Gonez »
Jean-Christian Vaulot-Pfister

…L’œuvre de la maturité est là. Aujourd’hui dépouillée des artifices, nourrie de tout ce savoir-faire accumulé. Et nuls mieux que ces masques, ces effigies, ne nous le disent maintenant. Comme si la trajectoire qui l’avait mené du bestiaire de fer à ces bronzes-là avait enfin trouvé sa logique, conférant à l’œuvre entière sa cohérence. Disques scarifiés où la roche et le métal recréent des mondes en miniature, figures bardées de lamelles guerrières où la pierre parait étouffée dans le carcan du bronze, ces sculptures s’imposent comme celles d’une ultime voie attendue depuis longtemps…
Quarante années passées à parcourir ce long et beau chemin méritent assurément qu’on y porte attention et qu’on s’y arrête, un instant.
Extrait d’un texte de Lionel Estavoyer

Artiste et artisan, GONEZ refuse d’être l’un sans l’autre. Dans l’instant de création, il donne tout : volonté, imaginaire, volupté, conscience et inconscience. L’artiste compose, mais l’artisan, dans la projection de ce mental, distribue signes et influx à la matière. Et là, GONEZ est tout entier à son acte. Cet échange, cette lutte, il les conçoit expiés de toute gratuité. Le savoir-faire devient le maître mot d’un respect du geste artistique et du matériau.

Extrait d’un texte de Claude Roupioz

« Depuis quelques années, une direction de travail, déjà présente naguère dans toute une aile de son œuvre, tend à s’affirmer de plus en plus fortement : l’abstraction symbolique. Cette recherche sur les symboles solaires et sur les figures connexes du cycle dans leurs diverses déclinaisons – saison, vie et mort, métamorphose, mutation, régénérescence…-, si elle marque tout le travail du sculpteur jusque dans les pièces de petites dimensions, trouve sa véritable mesure dans les œuvres monumentales. »

Extrait d’un texte de François Migeot

 

Abstraites et symboliques, les œuvres de Gonez se développent comme une mesure énigmatique du temps. Les gravitations d’un mouvement essentialisé, provisoirement captif d’une forme, semblent marquer d’imminence la venue d’un monde dont chaque sculpture serait le premier signe. Toute fulgurance et de traits comme sauvés des seules apparences du réel, la forme se construit et grandit, née du centre argenté d’une sphère où se devine, en reflet, l’infini de quelque galaxie à venir. L’espace, autour, paraît alors émaner du silence de l’œuvre. »

Extrait d’un texte de Jacques Rittaud Hutinet.

« Depuis 2003, nous nous trouvons en face de créatures hybrides, des poissons que Gonez nomme Ichtus, des pétroglyphes, des organums, des compositions qui nous apparaissent, bien sûr, dans la complexité des entrelacs de matériaux inattendus mais surtout nous surprennent par l’évidence qui se dégage de cette alliance de la pierre et du bronze. »

Extrait d’un texte de Michel L’Héritier.

 

 

Paul GONEZ 2012 Up